Edito

Originaire de la côte je vis aujourd'hui retiré en haute Provence, dans la patrie de Jean Giono, au beau milieu des lavandes.

Je tiens cet amour de la bonne cuisine Provençale de ma mère et de ma grand-mère, qui ont su m'enseigner dès mon plus jeune âge ces gestes simples en cuisine qui conduisent à des préparations savoureuses dans l'assiette. Qu'elles en soient remerciées ici.

Malheureusement les temps ont changés, la ressource halieutique se fait rare, les grandes surfaces ont généralisé les stratégies de ventes au volume au détriment de la qualité des produits  pour le plus grand bien des intermédiaires,  tout est prétexte à faire augmenter les prix, qu'il pleuve trop dans le nord et par une solidarité toute naturelle les paysans du sud augmenteront leurs prix à l'étal, qu'il fasse sècheresse dans le sud et toujours par une solidarité toute naturelle les paysans du nord augmenteront leurs prix à l'étal, et nous, pauvres couillons de consommateurs sommes pressés de tous côtés, comme l'ail dans le mortier en marbre de nos cuisines.

Le rythme de vie de notre société ne laisse guère de répit à la plus part d'entre nous, métro-boulot-dodo selon la célèbre expression, et les grandes surfaces en profitent pour nous refiler des produits manufacturés, sous emballage cellophane, bourrés d'amidon pour ne pas accrocher aux parois des tuyauteries qui véhiculent cette pâtée alimentaire d'un point à l'autre des usines, cuits en 2 mn dans le four à micro-ondes de la ménagère.

Et pour ajouter au stress ambiant autant se faire peur puisqu'on y est, quoi de plus naturel que d'afficher quotidiennement dans tous les médias quelques sombres statistiques sur la dangerosité de tel ou tel additif dans nos aliments : le prion qui rend nos vaches folles parce qu'on a substitué des farines animales à leur alimentation végétale, on a pas du bien prendre la mesure des choses d'ailleurs puisque, paraît-il, on ferait de même avec le poisson en ce moment dans des fermes piscicoles, à quand la daurade folle en croûte de sel ?  le bar fada grillé ?  la bouillabaisse du timbré ?

En parlant de ça d'ailleurs j'ai entendu dire que les restaurateurs faisaient des économies substantielles avec le déversement des boues rouges dans les calanques de Cassis, paraît-il qu'il n'y a plus besoin de mettre du safran dans la bouillabaisse ...

ou bien après nous avoir dit qu'il valait mieux remplacer le sucre de canne par du sucre de synthèse, nous annoncer que celui-ci est cancérogène et qu'il vaut mieux se rabattre sur la stévia qui elle est naturelle ... mais 3 fois plus chère;
ou bien encore de nous matraquer d'images publicitaires à tous les coins de rue et dans les revues glamours, de mannequins anorexiques à la peau blanche. si on devait mourir d'être rond et bronzé il n'y aurait plus guère de joueurs de pétanque sous les platanes des villages en Provence !  à moins que ça ne soit le pastis qui les protège, va savoir ...

Tout ça pour dire qu'il est temps de revenir aux fondamentaux, se souvenir des odeurs de cuisine de notre enfance, du clapot du bouillon dans la marmite de notre grand-mère, du bruit du hachoir sur la planche à découper ... retrouver une lueur d'espoir dans le marasme ambiant, en se souvenant d'où l'on vient, des traditions culinaires de nos anciens, s'accrocher à ce que l'on peut, chacun avec ses propres souvenirs, pour échapper à la machine capitaliste qui broie tout et (presque) tout le monde dans le grand pilon de la modernité.

Allez zou, assez parlé, en cuisine !












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